Ce 27 septembre, cela fait 20 ans jour pour jour que notre service de Cardiologie du site de Godinne a réalisé sa première ablation de la fibrillation auriculaire par isolation des veines pulmonaires, se positionnant ainsi comme l’un des premiers centres belges à pratiquer ce type d’intervention. Retour sur l’expertise et les perspectives de l’unité de rythmologie du site de Godinne.

 

 

En chiffres

  • 27/09/2000 : première ablation de fibrillation auriculaire réalisée par notre équipe au sein du site de Godinne.
  • 3.500 procédures d’ablations de fibrillation auriculaire en 20 ans, dont 3.000 au cours des 10 dernières années.
  • Plus de 600 procédures électrophysiologiques par an dont plus de 300 ablations de FA réalisées actuellement par les 3 rythmologues interventionnels du service de cardiologie: Pr D. Blommaert, Pr O. Xhaet, Dr B. Robaye
  • Plus de 100 abstracts, plus de 100 publications, plus de 60 participations à des études multicentriques en 20 ans.

Le CHU UCL Namur, pionnier

L’ablation de la fibrillation auriculaire (FA), ciblant les arythmies situées dans les veines pulmonaires, a été décrite pour la première fois par le Pr Michel Haissaguerre et son équipe en 1998 dans le New England Journal of Medicine. En 2000, les Pr Luc De Roy et Dominique Blommaert, ont procédé à une première isolation des veines pulmonaires à l’aide d’un cathéter sur le site de Godinne avec l’aide du Pr Pierre Jaïs.

20 années d’expertise

Deux décennies et 3.500 procédures d’ablation de FA plus tard, l’expertise de notre équipe s’est affirmée et orientée vers les techniques spécialisées : la technique d’isolation des veines pulmonaires par radiofréquence est ainsi privilégiée. Un système informatisé permet une reconstruction anatomique virtuelle en trois dimensions des cavités cardiaques avec une précision de l’ordre du millimètre. Les sondes sont alors mobilisées dans cette image reconstruite sans utilisation de rayons X. Le cathéter d’ablation est par ailleurs pourvu d’un capteur de pression permettant d’assurer l’optimalisation du contact du cathéter avec le muscle cardiaque préalablement à l’application de la radiofréquence.

Plusieurs bénéfices majeurs résultent de cette technique, dont notamment : une précision accrue permettant d’obtenir un taux de succès très élevé, une diminution des complications et de l’irradiation des patients et des équipes médicales.

Vous avez dit « ablation » ?

Le traitement de la fibrillation auriculaire repose sur deux volets : la prise en charge de l’arythmie et celle du risque de formation de caillot sanguin. Dans certains cas, une intervention appelée « ablation de la fibrillation auriculaire » peut être proposée par le médecin cardiologue. Il s’agit d’isoler de manière électrique les veines pulmonaires par rapport à l’oreillette gauche du cœur afin de supprimer l’influence de l’arythmie sur les oreillettes. L’intervention est réalisée à l’aide d’un cathéter introduit par la veine fémorale après avoir exclu tout caillot dans les oreillettes. L’hospitalisation n’excède habituellement pas les 48 heures. Les résultats de l’ablation de la FA sont globalement meilleurs que ceux obtenus par traitement médicamenteux.

Le traitement par ablation de la fibrillation auriculaire représente l’un des aspects de la prise en charge des patients souffrant d’un trouble du rythme cardiaque. La spécificité de cette prise en charge repose également sur la multidisciplinarité de l’équipe soignante et encadrante.

Quand le cœur perd le rythme

La fibrillation auriculaire est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent, se caractérisant par des battements trop rapides et irréguliers du cœur. En 2020, on dénombre 150.000 belges atteints de fibrillation auriculaire.
La contraction trop rapide et non coordonnée des oreillettes du cœur provoque la stagnation du sang, favorisant la formation de caillots sanguins ; envoyés dans la circulation générale, et en particulier vers le cerveau, ils peuvent provoquer un accident vasculaire cérébral (AVC).

La fibrillation auriculaire peut provoquer des symptômes de palpitations, de fatigue, d’essoufflement, de décompensation cardiaque ou plus généralement d’altération de l’état général et ainsi diminuer la qualité de vie du patient. Cependant, dans près de 30% des cas, la FA peut être asymptomatique.