Le cœur des femmes : des spécificités qu’il est important de connaître

18/09/2026

Longtemps considérées comme une problématique essentiellement masculine, les maladies cardiovasculaires concernent pourtant aussi de nombreuses femmes.

Le risque cardiovasculaire féminin présente toutefois certaines particularités. Il évolue au fil de la vie, sous l’influence notamment des grossesses, de la ménopause et de certaines maladies hormonales ou métaboliques.

Mieux connaître ces spécificités permet surtout de mieux prévenir les maladies cardiovasculaires et d’en reconnaître plus rapidement les signes d’alerte.

Le risque cardiovasculaire féminin évolue au cours de la vie

Les femmes développent généralement plus tard que les hommes certaines maladies cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde ou certains accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Avant la ménopause, les hormones féminines, en particulier les œstrogènes, exercent un effet protecteur partiel sur les vaisseaux sanguins et le métabolisme. Cette protection n’est cependant pas absolue : une femme jeune peut également présenter une maladie cardiovasculaire.

À partir de la ménopause, les changements hormonaux entraînent progressivement une augmentation du risque cardiovasculaire. La tension artérielle, le cholestérol, la glycémie et la répartition des graisses dans l’organisme peuvent être affectés. Avec le temps, le risque rejoint progressivement celui observé chez les hommes.

Certaines maladies cardiaques sont plus fréquentes chez les femmes

Certaines pathologies cardiovasculaires touchent davantage les femmes.

C’est notamment le cas :

  • des atteintes des petits vaisseaux du cœur (maladie microvasculaire coronaire) ;
  • de la dissection spontanée d’une artère coronaire, une cause d’infarctus pouvant survenir chez des femmes parfois jeunes ;
  • du syndrome de Takotsubo, aussi appelé « syndrome du cœur brisé », souvent déclenché par un stress émotionnel ou physique important.

Ces maladies sont parfois plus difficiles à diagnostiquer avec les examens cardiovasculaires classiques.

Infarctus : reconnaître les signes d’alerte

Contrairement à certaines idées reçues, le principal symptôme d’un infarctus reste le même chez les femmes et chez les hommes : une douleur ou une oppression dans la poitrine.

Cependant, chez les femmes, cette douleur est plus souvent accompagnée d’autres manifestations :

  • essoufflement ;
  • nausées ;
  • fatigue inhabituelle ou brutale ;
  • sueurs ;
  • palpitations ;
  • douleurs dans le dos, le cou ou la mâchoire ;
  • sensation de malaise.

Ces symptômes sont parfois attribués à tort au stress, à la fatigue ou à un problème digestif.

Un symptôme inhabituel ne doit jamais être banalisé

Une douleur thoracique persistante, surtout si elle s’accompagne d’un essoufflement, de sueurs ou d’un malaise, doit conduire à contacter rapidement les secours.

Des facteurs de risque parfois spécifiques aux femmes

Les principaux facteurs de risque cardiovasculaire sont identiques chez les femmes et les hommes :

  • tabagisme ;
  • hypertension artérielle ;
  • cholestérol élevé ;
  • diabète ;
  • surpoids ;
  • sédentarité ;
  • alimentation déséquilibrée.

Mais certaines situations propres à la vie des femmes méritent une attention particulière.

La grossesse, un indicateur précieux pour la santé future

Certaines complications de grossesse sont associées à un risque cardiovasculaire plus élevé à long terme :

  • pré-éclampsie ;
  • hypertension pendant la grossesse ;
  • diabète gestationnel.

Ces antécédents doivent être pris en compte lors du suivi médical, même plusieurs années après une grossesse.

D’autres facteurs à ne pas négliger

Le risque cardiovasculaire peut également être influencé par :

  • une insuffisance ovarienne prématurée (ménopause avant 40 ans) ;
  • certaines maladies inflammatoires ou auto-immunes ;
  • syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (PMOS), anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK, souvent associé à des troubles métaboliques comme l’insulinorésistance.

Pourquoi le diagnostic est-il parfois plus compliqué ?

Pendant longtemps, les maladies cardiovasculaires ont été perçues comme principalement masculines.

Cette vision a parfois conduit à sous-estimer le risque chez les femmes, tant par les patientes elles-mêmes que par le monde médical.

Par ailleurs, certaines manifestations peuvent être confondues avec du stress, de l’anxiété, des troubles digestifs ou les symptômes de la ménopause.

Résultat : le diagnostic peut parfois être posé plus tardivement.

Mieux informer les femmes et mieux connaître les spécificités de leur risque cardiovasculaire reste donc un enjeu majeur de santé publique.

Comment protéger son cœur ?

La majorité des maladies cardiovasculaires peuvent être prévenues.

Quelques habitudes simples font toute la différence :

  • ne pas fumer ;
  • pratiquer une activité physique régulière ;
  • adopter une alimentation équilibrée ;
  • maintenir un poids favorable à la santé ;
  • surveiller sa tension artérielle ;
  • contrôler son cholestérol ;
  • suivre régulièrement sa glycémie.

Chez les femmes, cette prévention doit également tenir compte de l’histoire personnelle : grossesse, ménopause, maladies hormonales, métaboliques ou inflammatoires.

La santé cardiovasculaire se construit tout au long de la vie, bien avant l’apparition des premiers symptômes.

Une prise en charge spécialisée au CHU UCL Namur

Au CHU UCL Namur, la santé cardiovasculaire des femmes fait l’objet d’une approche personnalisée et multidisciplinaire.

La Clinique des Lipides et de Prévention Cardio-Métabolique est spécialisée dans la prévention, l’évaluation et le suivi des maladies cardiovasculaires et métaboliques.

L’équipe prend notamment en charge :

  • les troubles du cholestérol ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • le diabète ;
  • les facteurs de risque cardiovasculaire complexes.

Chez les femmes, l’évaluation tient également compte d’éléments spécifiques tels que certaines complications de grossesse, une insuffisance ovarienne prématurée ou certaines maladies hormonales et inflammatoires.

L’objectif est simple : identifier précocement les facteurs de risque afin de mettre en place les mesures de prévention les plus adaptées à chaque situation.

Les maladies cardiovasculaires ne concernent pas uniquement les hommes. Chez les femmes aussi, elles représentent un enjeu majeur de santé. Mieux connaître ses facteurs de risque et reconnaître les signes d’alerte permet d’agir plus tôt et de mieux protéger son cœur.

Retour