AVC : et si la clé de la récupération motrice se jouait aussi dans le cerveau ?
Chaque année, près de 30.000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en Belgique. Face à cet enjeu majeur de santé publique, mieux comprendre les mécanismes de récupération après un AVC constitue un axe de recherche essentiel pour améliorer la prise en charge et la qualité de vie des patients.
Une étude menée à l’UCLouvain et au CHU UCL Namur, publiée dans la revue scientifique neuroscience, révèle que les fonctions cognitives, comme l’attention ou la mémoire de travail, jouent un rôle déterminant dans les premières phases de récupération motrice après un AVC.

Attention, mémoire et apprentissage moteur
Après un AVC, la récupération du mouvement ne dépend pas uniquement des muscles ou des commandes motrices. Les capacités cognitives, telles que l’attention ou la mémoire de travail, jouent un rôle central, en particulier lors des premières séances de rééducation.
Les scientifiques ont étudié l’apprentissage moteur du membre supérieur chez des personnes ayant vécu un AVC, en utilisant une approche multidisciplinaire à la pointe, qui illustre l’expertise de l’UCLouvain en neurosciences. Combinant évaluations cognitives, tâches de réapprentissage moteur assistées par robot et imagerie cérébrale avancée, les résultats indiquent que les personnes présentant des troubles cognitifs post-AVC progressent moins rapidement lors des phases initiales de réapprentissage moteur. À l’inverse, lors des phases plus avancées, l’apprentissage moteur semble moins dépendre des capacités cognitives.
L’étude met également en évidence l’importance de certaines connexions cérébrales, notamment entre les deux hémisphères, dans la réussite de cette phase précoce d’apprentissage.
Une rééducation plus personnalisée
Ces observations ouvrent la voie à des stratégies de rééducation plus ciblées, basées sur le profil cognitif et neurologique de chaque patient. Cela renforce l’intérêt d’une approche globale et personnalisée de la revalidation post-AVC, intégrant dès le début la dimension cognitive aux programmes de rééducation motrice. Une approche déjà développée au sein du CHU UCL Namur, où la recherche clinique et la prise en charge des patients avancent conjointement.
Au-delà du cadre hospitalier, cette avancée pourrait transformer les pratiques de rééducation en Belgique et à l’international, en encourageant une prise en charge plus précoce et mieux adaptée des troubles cognitifs après un AVC. À terme, cela pourrait améliorer significativement l’autonomie des patients, réduire la durée des hospitalisations et alléger le poids socio-économique lié aux séquelles de l’AVC.




